La dernière patrouille du policier qui a arrêté et fouillé Alain Bellefeuille
Appelé en renfort à la résidence d’Alain Bellefeuille le 11 mai 2023, l’agent Pierre Dubois est celui qui a reconduit le suspect jusqu’au détachement de la Police provinciale de l’Ontario (PPO) à Rockland. Depuis ce jour, il n’a pas été en mesure de patrouiller à nouveau. Alain Bellefeuille est accusé du meurtre au premier degré du sergent Eric Mueller et de deux chefs de tentative de meurtre contre les policiers Marc Lauzon et François Gamache-Asselin. Pour Pierre Dubois, qui a fait ses débuts comme policier en 1995, l’intervention était d’autant plus émotive, car il se décrit comme étant très proche de Marc Lauzon. Le procès pour meurtre au premier degré et tentative de meurtre d'Alain Bellefeuille se déroule au palais de justice de L'Orignal, dans l'est ontarien. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin Quand l’agent Dubois, qui se trouvait au poste de police de Plantagenet, a été appelé à se rendre à la résidence d’Alain Bellefeuille, à Bourget, il n’avait pas encore tous les détails sur la gravité de l’intervention à venir. Il a poursuivi en disant avoir rencontré l’agent Ionut Mihuta, celui qui a arrêté l’accusé, qui l’a informé Les vérifications des policiers sur le terrain cette nuit-là leur ont permis d’apprendre que Marc Lauzon avait déjà été transporté à l’hôpital et qu’il n’y avait pas de deuxième tireur. Eric Mueller était âgé de 42 ans. Il avait consacré la moitié de sa vie à la police. (Photo d'archives) Photo : Police provinciale de l'Ontario L’agent Dubois a raconté au tribunal qu’un sergent lui avait demandé de procéder à l’arrestation d’Alain Bellefeuille pour meurtre. Parmi les objets trouvés sur Alain Bellefeuille qui ont été déposés en preuve, on compte ses bottes de travail, un pantalon, des genouillères, un chandail, un cellulaire et une douille. Pendant que l’agent Boyd accompagnait l’accusé dans l’ambulance qui se dirigeait vers l’Hôpital Montfort, Pierre Dubois suivait le véhicule d’urgence à bord de son véhicule de fonction. Alain Bellefeuille devrait témoigner d'ici la fin de son procès. La défense a mentionné que son client avait hâte de donner sa version des faits. (Photo d'archives) Photo : Lauren Foster-MacLeod Lors du contre-interrogatoire mené par Leo Russomanno, le criminaliste qui mène la défense d’Alain Bellefeuille a posé quelques questions sur le comportement de son client lors de cette nuit du 11 mai 2023. Le policier a admis que l’accusé était Le lendemain, Leo Russomanno a enchaîné en revenant notamment sur un coup de feu tiré accidentellement par l’agent Pierre Dubois lorsqu’il se trouvait près de la résidence de l’accusé. Le procès d’Alain Bellefeuille se poursuit mercredi après-midi avec le début du témoignage de la Dre Charis Kepron, la pathologiste judiciaire qui a examiné le corps du sergent Eric Mueller après sa mort.Je suis toujours policier, mais je suis en arrêt de travail depuis le malheureux incident du 11 mai 2023
, a-t-il lancé au début de son témoignage au procès de l’homme aujourd’hui âgé de 41 ans.Je l’ai coaché au hockey lorsqu’il jouait bantam en 1993-1994. Marc a aussi été l’un des premiers bénévoles d’un programme Les explorateurs de la police de Hawkesbury, qui servait à éduquer les jeunes sur le travail de la police. Il est devenu membre de notre comité de gestion jusqu’à la fin du programme en 2012.

On nous a dit que c’était un appel pour un coup de fusil. On en a régulièrement. On garde une petite attention, mais sans plus. Quand j’ai entendu des policiers chuchoter sur les ondes, j’ai senti le danger. On ne chuchote pas sur les ondes. J’en parle aujourd’hui et j’ai encore des frissons dans le dos
, a ajouté le colosse lorsqu’il a été invité à rappeler le fil des événements.que Marc [Lauzon] était dans la maison et qu’il y avait possiblement un deuxième tireur dans la maison
.À ce moment-là, j’ai été chercher mon fusil et ma veste avec protection améliorée [...] avec le mindset d’aller chercher Marc [Lauzon]
, se souvient-il.
Je lui ai lu ses droits dans le véhicule et je l’ai transporté au détachement de Rockland. [...] On a placé l’accusé dans la cellule numéro 2. On lui a enlevé ses vêtements pour le fouiller, pour notre sécurité, pour la sienne et aussi pour protéger la preuve
, a affirmé l’agent Dubois, qui était accompagné de son collègue Justin Boyd, qui a témoigné la semaine dernière.Une fois à l’hôpital, un [autre] sergent m’a dit que je devais relire les droits à M. Bellefeuille et lui ajouter les deux chefs d’accusation de tentative de meurtre sur les policiers Lauzon et Gamache-Asselin.

Le comportement de l’accusé
non violent
et très coopératif
.Il me donnait l’impression qu’il avait honte, qu’il était désolé pour ce qu’il avait fait. [...] Je sentais une forte odeur d’alcool et qu’il était très triste
, a-t-il admis lors du contre-interrogatoire qui s’est amorcé mardi après-midi.Mes collègues policiers cherchaient le numéro de cellulaire de Marc Lauzon. Moi, je l’ai. J’essayais de prendre mon téléphone pour l’appeler, mais comme j’ai deux vestes de protection, ça rend la chose difficile de prendre mon téléphone [qui se trouve dans la poche de ma veste par balles]. Quand j’ai changé mon fusil de main, le fusil a glissé et c’est là que la gâchette est partie. Je ne sais même pas avec quel doigt. Heureusement, le fusil pointait vers le bas
, a-t-il décrit.
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